Style Victorien : L’Art de Vivre Britannique (1837-1901)
Au XIXᵉ siècle, l’Europe redéfinit ses styles décoratifs à mesure que l’industrialisation transforme les sociétés, les modes de production et les rapports au goût. Tandis que la France passe du Louis-Philippe au Second Empire, que l’espace germanique affirme le Biedermeier et que l’Italie s’inscrit dans un historicisme érudit, l’Angleterre impose un langage décoratif à l’image de sa puissance. Le style victorien s’inscrit dans cette cartographie européenne des styles, tout en affirmant une singularité fondée sur l’Empire, l’industrie et la circulation mondiale des formes.
Quand l’Angleterre Domine l’Art Décoratif Mondial (introduction)
Le style Victorien révolutionne l’art occidental en consacrant l’hégémonie britannique et l’épanouissement de l’industrie décorative. Cette révolution esthétique reflète l’expansion de l’Empire britannique au XIXe siècle : de l’artisanat traditionnel à l’industrie de masse, du goût insulaire aux influences coloniales multiples.
Cette révolution industrielle et esthétique transforme définitivement notre conception du design démocratique et de l’art décoratif accessible. Le style Victorien dessine l’avenir de la production de masse, privilégiant la richesse ornementale sur la pureté classique, le confort domestique sur l’apparat aristocratique.
L’ère victorienne invente un art de vivre qui concilie prospérité industrielle, morale protestante et éclectisme impérial.
Ère Victorienne : L’Explosion Créative de l’Empire
Cette période remarquable, marquée par soixante-quatre années d’innovation industrielle et d’expansion mondiale, transforme définitivement l’art britannique et européen en imposant de nouveaux standards de production décorative.
Chronologie décisive :
• 1837-1901 : Règne de Victoria (64 années)
• 1851 : Grande Exposition de Londres – manifeste de l’industrie britannique
• 1876 : Victoria Impératrice des Indes – apogée de l’éclectisme colonial
La Révolution de l’Industrie
Cette époque bouleverse tous les codes de l’art décoratif européen. L’artiste-créateur s’adapte aux nouvelles technologies industrielles, tandis que la classe moyenne britannique devient prescriptrice du goût mondial démocratise.

Augustus Pugin, William Morris, Christopher Dresser incarnent cette révolution créatrice qui transforme définitivement l’art occidental.
L’émergence de la société industrielle britannique révolutionne les modes de vie. Chemin de fer, manufactures textiles, Empire colonial inspirent un art qui célèbre la prospérité industrielle et l’harmonie domestique victorienne.
Cette transformation sociale engendre une esthétique inédite qui influence encore notre vision contemporaine du design industriel et de l’art de vivre démocratique.

Révolution de la Forme et de la Production
Ce sont désormais les designers-industriels qui inventent l’esthétique moderne, remplaçant l’exclusivité artisanale par des visionnaires de la production mécanisée.
Cette époque invente l’alliance révolutionnaire entre innovation technique et tradition décorative, efficacité industrielle et richesse ornementale, démocratisant l’art de vivre britannique.
L’esthétique Victorienne abolit la frontière entre art et industrie : éclectisme assumé, références coloniales, confort optimisé témoignent d’une modernité industrielle.
Arts : L’Avant-garde de l’Industrialisation
Londres et l’Empire, Laboratoires du Goût Mondial
L’art décoratif britannique des années 1840-1890 synthétise toutes les influences coloniales dans un style d’une cohérence industrielle remarquable.
Augustus Pugin (maître de l’architecture néo-gothique), William Morris (virtuose de l’artisanat d’art), Christopher Dresser (innovateur du design industriel) définissent cette nouvelle esthétique.
Owen Jones révolutionne l’ornementation par ses recherches, John Ruskin transforme l’art décoratif par sa philosophie, tandis que Henry Cole explore les potentialités de l’industrie artistique.

Gravure de Thomas Rowlandson et Augustus Pugin, publiée par Rudolph Ackermann. Intérieur institutionnel britannique du début du XIXᵉ siècle.
La Renaissance des Métiers d’Art Industrialisés
Le style Victorien revitalise spectaculairement tous les métiers d’art britanniques en les adaptant à la production industrielle et en les enrichissant des influences coloniales.
William Morris (virtuose de l’artisanat moderne), Liberty & Co (maîtres de l’importation artistique), Minton (innovateurs de la céramique industrielle) réinventent leur art.
Les ateliers textiles se modernisent avec Morris & Co et Liberty qui créent un langage ornemental d’une richesse démocratisée.
L’orfèvrerie atteint de nouveaux marchés avec Elkington & Co et Mappin & Webb, tandis que les manufactures de Staffordshire développent des décors éclectiques et orientalisants.
La furniture se révolutionne avec les ateliers londoniens qui développent un langage décoratif d’une diversité industrielle.

L’Architecture Victorienne : Manifeste de Modernité Industrielle
La Villa Suburbaine comme Innovation : Laboratoire du Confort
L’Événement Fondateur : La villa suburbaine victorienne transforme l’architecture en manifeste de l’art de vivre industriel démocratisé.
Cette révolution impose de nouveaux canons architecturaux : distributions rationnelles, confort moderne, éclectisme décoratif révolutionnaires.

Photo © Neil Parker, Victorian House, via Geograph / Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.0.
Les réalisations permanentes (Développements suburbains, Gares victorieuses, Musées publics) inscrivent définitivement la modernité industrielle dans le paysage britannique.
Cette révolution esthétique transforme l’image internationale de l’Angleterre et influence l’architecture mondiale industrielle.
Les Maîtres de l’Architecture Britannique
L’architecte Augustus Pugin, créateur de l’architecture néo-gothique, développe une esthétique historiciste qui influence toute l’architecture européenne moderne.
George Gilbert Scott (maître de l’éclectisme gothique), Norman Shaw (innovateur de l’architecture suburbaine), Alfred Waterhouse (architecte de l’éclectisme victorien) incarnent cette avant-garde britannique.
Cette école architecturale, célébrée internationalement, établit les fondements de l’art de vivre suburbain et inspire les villes industrielles mondiales.
Elle révolutionne notre conception de l’habitat démocratique moderne et impose durablement l’éclectisme britannique comme référence esthétique industrielle.
L’Art Décoratif Total
Le style Victorien invente le concept d’art de vivre industriel où architecture, mobilier, objets d’art et textiles forment un ensemble harmonieux au service du confort domestique optimisé.
Les créateurs William Morris, Christopher Dresser, Liberty & Co développent l’art de la synthèse décorative industrielle.
La Synthèse des Arts
Le style Victorien codifie un vocabulaire décoratif universel qui triomphe mondialement : éclectisme colonial, références multiples, confort moderne.
Dante Gabriel Rossetti (maître de la peinture préraphaélite), Edward Burne-Jones (virtuose de l’art décoratif) révolutionnent les arts appliqués par leurs innovations artistiques.

L’influence de l’Empire colonial et de la tradition britannique introduit un éclectisme mondial qui domine l’inspiration européenne industrielle.
Les arts de l’ameublement atteignent leur industrialisation avec les manufactures britanniques, les importateurs coloniaux, créateurs d’objets d’un raffinement accessible.
La céramique trouve son expression industrielle avec les créations de Staffordshire qui développent un art de la table d’une diversité démocratisée.

Majolique victorienne, Angleterre.
Les ateliers de William Morris (textiles d’art), Liberty & Co (objets coloniaux), Elkington & Co (orfèvrerie industrielle) établissent de nouveaux standards mondiaux.
L’ameublement Morris, les objets Liberty, les orfèvreries Elkington créent un art de vivre d’une sophistication industrielle.
Éclectisme colonial, matériaux variés, fonctionnalité domestique caractérisent cette esthétique de la modernité industrielle.

Matières et Textures : La Révolution de la Production
Le style Victorien révolutionne l’art textile en privilégiant l’industrialisation de la production et la diversité des influences coloniales. Les manufactures britanniques développent des techniques industrielles qui transforment le textile en élément décoratif plus accessible et varié.
Textiles de Manchester industrialisés : Les cotonnades de Manchester atteignent leur apogée industriel avec des impressions mécanisées et des effets de masse. Les tissus imprimés intègrent des motifs coloniaux variés pour créer des effets décoratifs d’une richesse industrielle.
Lainages écossais démocratisés : Les lainages développent des motifs tartans et tweeds qui permettent une production industrielle, créant des effets décoratifs d’une qualité démocratisée.
Soies orientales importées : Innovation Victorienne, les soies chinoises et indiennes offrent une richesse exotique qui s’harmonise avec le goût de l’éclectisme colonial.
Velours industriels : Les velours mécanisés se démocratisent, introduisant une texture luxueuse accessible qui renouvelle l’ornementation domestique victorienne.
Palette Coloriste : L’Invention des Couleurs Impériales
La révolution coloriste Victorienne crée une palette éclectique qui puise dans l’Empire colonial pour satisfaire le goût britannique diversifié.
Couleurs signature :
- Rouge Empire : Rouge profond inspiré de l’Inde, couleur emblématique de l’expansion britannique
- Vert chasseur : Vert sombre qui témoigne du goût britannique pour la nature et la chasse
- Bleu colonial : Bleu profond référence aux océans de l’Empire et à la marine royale
- Or oriental : Dorures éclatantes inspirées de l’Asie, richesse coloniale
Harmonies sophistiquées : Les associations coloristes Victoriennes privilégient les contrastes riches et sombres : rouge et or, vert et bronze, bleu et argent créent des ambiances d’une opulence coloniale.

Ramsay Grove Museum of Victorian Life, Isle of Man.
Photo : Zairon – CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.
Motifs et Iconographie : Le Vocabulaire Colonial Triomphant
L’ornementation textile Victorienne développe un répertoire iconographique qui puise dans l’Empire britannique pour créer un éclectisme décoratif mondial.
Motifs coloniaux :
- Paisley indien : Motifs cachemire adaptés à la production industrielle britannique
- Chinoiseries : Dragons, pivoines, motifs asiatiques popularisés par le commerce
- Motifs égyptiens : Hiéroglyphes, lotus, références archéologiques orientalisantes
- Floraux tropicaux : Palmiers, orchidées, fleurs exotiques de l’Empire

Iconographie impériale :
- Scènes coloniales : Représentations romantiques de l’Empire britannique
- Faune exotique : Éléphants, tigres, oiseaux tropicaux décoratifs
- Motifs néo-gothiques : Trèfles, rosaces, références médiévales idéalisées

The National Archives (Royaume-Uni)
Applications en Ameublement : Spécificités Coloniales
Sièges et garnissages : Les textiles d’ameublement s’enrichissent du marché colonial avec des compositions éclectiques aux coloris riches mais industriels. Les sièges adoptent des tissus spécifiques qui marquent l’évolution du goût :
- Fauteuils capitonnés : Velours industriels aux coloris coloniaux sombres
- Chaises de salon : Tissus d’ameublement robustes à motifs orientalisants
- Canapés Chesterfield : Cuirs cirés ou velours sombres emblématiques
Les tissus d’ameublements à l’ère victorienne
Tentures et rideaux : Les tentures murales se démocratisent et privilégient les effets décoratifs coloniaux. Les tissus d’importation créent des effets exotiques avec leurs motifs orientaux.

Designer Owen Jones , 1870–74
- Rideaux de croisée : Velours sombres aux motifs floraux tropicaux
- Portières : Textiles orientaux, galons dorés
- Papiers peints : Motifs Morris naturalistes ou références coloniales
Coussins et garnitures : L’art du passementier s’industrialise
- Galons Victoriens : Motifs éclectiques produits industriellement
- Franges industrielles : Ornements de qualité démocratisée
- Cordons orientalisants : Éléments décoratifs aux motifs coloniaux

Techniques et Savoir-Faire : L’Innovation Industrielle Britannique
Tissage mécanisé : Les métiers à tisser britanniques dominent la production mondiale permettant des effets décoratifs industriels :
- Power loom perfectionné : Technique industrielle pour des motifs complexes de masse
- Impression à rouleaux : Innovation Victorienne, production de masse de qualité
- Teinture chimique : Révolution des colorants synthétiques britanniques
Teintures et couleurs : Les chimistes britanniques développent les techniques industrielles révolutionnaires :
- Aniline découverte : Innovation XIXe pour des couleurs artificielles éclatantes
- Colorants synthétiques : Premiers colorants industriels pour la démocratisation
- Mordançage chimique : Techniques industrielles pour la production mondiale

Évolution et Influences : Vers l’Art Nouveau
Dès 1880, les textiles Victoriens évoluent sous l’influence du mouvement Arts & Crafts et des prémices Art Nouveau :
- Retour à l’artisanat : Réaction contre l’industrialisation excessive
- Inspiration naturaliste renforcée : Influence Morris et recherche de l’authenticité
- Simplicité relative : Préparation des formes Art Nouveau naissantes
Cette évolution textile accompagne la transformation artistique qui mène vers l’Art Nouveau, témoignant de la capacité d’adaptation remarquable de l’industrie britannique et du caractère véritablement précurseur de cette révolution industrielle esthétique.

Mobilier Victorien : L’Invention du Confort Industriel
Révolution matérielle : Le style Victorien transforme définitivement l’usage des matériaux en privilégiant l’industrialisation de la production et la robustesse domestique dans des synthèses pragmatiques industrielles.
Cette approche révolutionnaire crée une esthétique d’un raffinement industrialisé qui influence directement le mobilier de masse moderne.
Les créateurs privilégient les essences disponibles (acajou colonial, noyer, bois exotiques) pour leur rapport qualité-prix, sublimées par des techniques industrialisées.

Gouache et aquarelle de Henry Treffry Dunn.
National Portrait Gallery, Londres
L’art de l’ébénisterie évolue vers la production mécanisée : placages industriels, marqueteries mécanisées, assemblages standardisés créent des effets décoratifs d’une beauté accessible.
L’innovation majeure réside dans l’intégration harmonieuse de techniques industrielles : mécanisation, production de série, standardisation britannique révolutionnent l’esthétique mobilière.
Révolution formelle : Le mobilier Victorien invente le confort industriel domestique en réconciliant tradition britannique et innovation technique.

Cette approche novatrice révolutionne l’art du meuble et établit les bases du design industriel moderne.
L’inspiration puise dans l’art éclectique colonial : références Empire, influences multiples, innovations techniques nourrissent une créativité industrielle britannique.
Les recherches ergonomiques et commerciales enrichissent ce vocabulaire : études du confort, psychologie domestique, art de la famille victorienne inspirent une esthétique démocratique industrielle.
L’ingéniosité des makers britanniques développe une typologie mobilière d’un raffinement accessible, adaptée aux nouveaux usages de société industrielle victorienne.
Les intérieurs Victoriens se caractérisent par leur éclectisme sophistiqué et leur confort optimisé, préfigurant directement les conceptions modernes industrielles.
L’éclectisme colonial et l’usage de techniques industrielles créent une esthétique du raffinement britannique démocratisé accessible aux classes moyennes mondiales.
Typologie du Mobilier Victorien : L’Art de Vivre Industrialisé
Sièges : Révolution du Confort Domestique
Le siège Victorien révolutionne l’art de s’asseoir en réconciliant confort domestique et production industrielle dans des créations d’une praticité formelle inégalée.
L’adoption de formes ergonomiques et de rembourrages perfectionnés industriellement transforme définitivement la tradition britannique du siège.

L’innovation décorative intègre harmonieusement sculptures éclectiques, bronzes de série et tissus industrialisés dans des compositions d’une élégance domestique.
Les fauteuils Chesterfield adoptent des volumes généreux et des capitonnages d’un confort familial exceptionnel.
Le siège de salon se spécialise avec des créations adaptées qui accompagnent les nouveaux usages de sociabilité victorienne.
Les chaises de salle à manger développent un répertoire décoratif d’une richesse accessible, souvent inspiré des recherches coloniales.
Les canapés et ottomans adoptent des formes domestiques qui célèbrent la conversation et l’art de la détente familiale.
Les ensembles de salon privilégient l’harmonie éclectique et la modularité pratique, créant un mobilier de réception adapté aux usages bourgeois industriels.
Fauteuil Chesterfield Victorien, capitonné cuir, vers 1870
Mobilier de Fonction : Innovation et Domesticité
Révolution domestique : Le style Victorien invente le mobilier spécialisé domestique qui transforme l’habitat en théâtre de l’art de vivre industriel démocratisé.
Cette révolution fonctionnelle reflète l’évolution des usages familiaux et l’émergence de la société industrielle britannique.
Les meubles de commodité se multiplient, témoignant de l’adaptation de l’espace domestique et des nouveaux rituels de confort familial.

Les meubles de collection intègrent élégamment les objets coloniaux dans des écrins décoratifs d’exception démocratisée.
Tables : Sculpter l’Élégance Accessible
La table Victorienne révolutionne l’art de la tabletterie en privilégiant la praticité décorative et les matériaux coloniaux.
Console Victorienne, acajou colonial et bronze, vers 1870
Rangements : Architecture Décorative Familiale
Le style Victorien transforme les meubles de rangement en éléments décoratifs qui structurent et embellissent simultanément l’espace familial industriel.
Les bibliothèques adoptent des compositions éclectiques pratiques, souvent rythmées par des bronzes industriels et des placages accessibles.
Les secrétaires développent un vocabulaire formel d’une richesse démocratisée remarquable, ornés de mécanismes industrialisés d’une finesse accessible.
Secrétaire Victorien, noyer et marqueterie industrielle, vers 1870
Mobilier de Nuit : Intimité Familiale
Le style Victorien révolutionne le mobilier de chambre en créant des ensembles d’une praticité et d’une intimité domestiques.
Le lit familial adopte des formes confortables, souvent réhaussées de tissus industrialisés variés.
Les tables de nuit, commodes et armoires forment des ensembles cohérents qui transforment la chambre en sanctuaire de l’intimité familiale.

Clayton Hall, Angleterre.
Photo : Gerald England – CC BY-SA 2.0 (via Geograph).
Éclairage : Sculpter la Chaleur Domestique
Le style Victorien révolutionne l’art de l’éclairage en créant des luminaires qui deviennent de véritables sculptures décoratives domestiques.
Les créations d’Elkington & Co, James Dixon & Sons et Perry & Co transforment l’éclairage artificiel en spectacle décoratif accessible.
Les Virtuoses du Style Victorien
Le style Victorien révèle une génération exceptionnelle de créateurs qui révolutionnent définitivement l’art occidental et établissent de nouveaux standards esthétiques industriels démocratiques.
William Morris : Le Maître de l’Artisanat Moderne
William Morris (1834-1896) incarne la réaction contre l’industrialisation excessive et porte l’art décoratif vers son retour à l’artisanat qualité.
Son génie réside dans sa capacité à synthétiser tradition britannique et innovations artistiques dans des créations d’une beauté naturelle inégalée.
L’atelier Morris & Co révolutionne les arts décoratifs en réhumanisant les techniques et développe des méthodes artisanales qui influencent durablement l’art européen.
Ses créations pour la bourgeoisie éclairée établissent définitivement l’alternative britannique à l’industrialisation dans l’art du design humanisé.
Augustus Pugin : L’Inventeur du Néo-Gothique
Augustus Pugin (1812-1852) révolutionne l’art architectural en inventant le néo-gothique victorien, esthétique d’une spiritualité révolutionnaire.
Sa philosophie de « l’art chrétien retrouvé » influence profondément l’art de vivre européen et inspire encore les créateurs actuels.
Ses collaborations avec les artisans créent une architecture d’une fonctionnalité et d’une beauté spirituelle uniques.
Christopher Dresser : L’Architecte du Design Industriel
Christopher Dresser (1834-1904) transforme le design en art de l’esthétique industrielle et impose la Grande-Bretagne comme référence mondiale dans l’art décoratif démocratisé.
Ses innovations industrielles révolutionnent l’art du design et permettent des créations d’une fonctionnalité et d’une accessibilité révolutionnaires.
Les productions industrielles diffusent l’excellence britannique sur tous les continents et préparent directement l’épanouissement moderne.

Les Maîtres des Arts Décoratifs
Liberty & Co révolutionne l’art de l’importation en développant des techniques commerciales qui transforment l’objet exotique en art accessible.
Ses innovations (sourcing colonial, adaptation britannique) transforment le commerce d’art en industrie majeure et influencent toute l’évolution démocratique.
Minton développe un art de la céramique d’une qualité industrialisée, tandis que Elkington & Co explore les potentialités de l’orfèvrerie électroplaquée.

Minton, 1870-1880
Le Marché du Victorien : Entre Industrie et Artisanat
Pièces Iconiques et Production Industrielle
Le marché du Victorien révèle une segmentation particulière entre les chefs-d’œuvre artisanaux et les créations industrielles documentées. Cette dualité qualitative confère aux originaux artisanaux un statut de patrimoine Arts & Crafts majeur.
Les Graal du Collectionneur :
Les pièces Morris & Co (1860-1940) atteignent des sommets lors des ventes aux enchères internationales. Les records concernent les textiles Morris et les meubles Arts & Crafts.
Les papiers peints de William Morris originaux se négocient entre 500€ et 5 000€ selon la rareté et l’état de conservation. Les textiles Morris d’époque dépassent régulièrement 2 000€ le mètre.
Les meubles Arts & Crafts documentés varient de 3 000€ à 80 000€, tandis que les ensembles Morris complets peuvent atteindre 150 000€.
Marché Français : Patrimoine Britannique
Galeries Spécialisées Parisiennes :
Galerie Steinitz (7ème) : sélection de mobilier britannique Victorien. Meubles Arts & Crafts : 8 000€ à 60 000€.
Galerie Perrin (Saint-Germain) : spécialiste des arts décoratifs britanniques. Objets Victoriens : 500€ à 15 000€ selon les pièces.
Galerie Nicolas Lenté : expert en mobilier Victorien d’époque. Sièges britanniques : 1 200€ à 12 000€.
Marché International : Fascination pour l’Empire
Grande-Bretagne – Marché Domestique :
Londres maintient un marché de référence pour le mobilier et objets Victoriens.
Bonhams et Sotheby’s London : expertises spécialisées période Victorienne.
Fourchettes de Prix Londres :
- Fauteuil Chesterfield d’époque : 800£ à 8 000£
- Papiers peints Morris : 300£ à 3 000£
- Céramiques Minton : 200£ à 5 000£
États-Unis – Collectionneurs Spécialisés :
New York concentre des collections importantes d’Arts & Crafts britanniques.
Christie’s et Sotheby’s NYC : ventes régulières pour les pièces Morris & Co.
Reproductions et Marché Contemporain
Les Ateliers Spécialisés :
Morris & Co continue de produire certains motifs historiques sous licence avec des techniques traditionnelles.
Artisans Contemporains :
Sanderson : reproduction fidèle de papiers peints Morris. Papiers peints style Morris : 80€ à 200€ le rouleau.
Liberty Londres : maintient certaines traditions textiles victoriennes. Tissus style Liberty : 150€ à 400€ le mètre.
Expertise et Authentification
Critères d’Authenticité :
Les marques d’époque sont importantes : Morris & Co, Liberty, Minton, Elkington.
Les techniques d’époque révèlent l’authenticité : impression au bloc, teintures naturelles, assemblages traditionnels.
Les papiers peints Morris se distinguent par leur impression artisanale et leurs coloris naturels d’époque.
Expertises Spécialisées :
William Morris Society : authentification pour les pièces Morris & Co.
Victoria & Albert Museum : expertise pour les arts décoratifs victoriens majeurs.
Investissement et Plus-Values
Évolution des Prix (2010-2024) :
Les pièces Arts & Crafts authentiques ont vu leur valeur multipliée par 2 à 4 en quinze ans.
Papier peint Morris original : 800€ en 2010, 1 800€ en 2024.
Fauteuil Arts & Crafts documenté : 3 000€ en 2010, 8 500€ en 2024.
Créer avec le Victorien Aujourd’hui
Intégrer l’Héritage Victorien : Tradition et Confort
L’intégration contemporaine du Victorien exige une approche mesurée pour éviter l’effet « musée britannique ».
Approche sélective : Un fauteuil Chesterfield d’époque dans un salon contemporain apporte une note de tradition authentique d’une élégance intemporelle.
Codes traditionnels : Les papiers peints Morris et textiles Liberty créent un effet décoratif chaleureux, plus authentique que décoratif.
Erreurs à éviter : L’accumulation d’éclectisme victorien, les mélanges de références coloniales trop nombreuses, la surcharge décorative qui trahit l’esprit de confort domestique.
Quel mouvement décoratif après le Victorien ?
Après le style Victorien (1837-1901), l’évolution se fait vers :
Styles qui succèdent directement au Victorien :
1. Art Nouveau (1890-1910) 🇪🇺
Pays : Europe (Belgique, France, Autriche)
Caractéristiques : Lignes courbes, motifs naturels, rejet de l’historicisme
Figures : Victor Horta, Hector Guimard, Charles Rennie Mackintosh
2. Arts & Crafts (1880-1920) 🇬🇧🇺🇸
Pays : Grande-Bretagne, États-Unis
Caractéristiques : Retour à l’artisanat, simplicité, fonctionnalité honnête
Figures : William Morris, Gustav Stickley, Charles Robert Ashbee
3. Style Édouardien (1901-1910) 🇬🇧
Pays : Grande-Bretagne
Caractéristiques : Allègement du Victorien, influences continentales, confort moderne
Figures : Edwin Lutyens, Charles Voysey, Ambrose Heal.

Entrepreneur digital et artisan d’art, je mets à profit mon parcours atypique pour partager ma vision du design de luxe et de la décoration d’intérieur, enrichie par l’artisanat, l’histoire et la création contemporaine. Depuis 2012, je travaille quotidiennement dans mon atelier au bord du lac d’Annecy, créant des intérieurs sur mesure pour des décorateurs exigeants et des clients privés.


